Cap Soleil · Édition MMXXVI · Bobine I–IX [ 00 : 00 : 00 ]
Un film en neuf bobines

CAP
SOLEIL

Le voyage commence au volant. Neuf pays, deux constellations, une seule paire de clés.

Une édition de l'équipe Cap Soleil — MMXXVI — Paris · Mascate · Port-Louis
— Voix off · Prologue —

Nous avons commencé par une carte dépliée sur un capot tiède, quelque part entre deux rivages. D’un côté, l’océan Indien francophone — Maurice, La Réunion, Seychelles — ses champs de cannes, ses routes qui sentent le filao et le sel. De l’autre, le grand arc désertique qui court du Maroc à l’Oman en passant par la Tunisie, l’Égypte, la Jordanie et les Émirats. Neuf pays de soleil, deux constellations qui se répondent, et entre les deux, un seul geste — celui de tourner la clé de contact.

Cap Soleil est un film en neuf bobines. Nous l’appelons film parce que nous avons voulu qu’il se regarde comme un film se regarde : dans l’ordre, ou par plans sélectionnés, mais toujours avec la certitude que quelqu’un s’est donné la peine du montage. Chaque bobine est un pays, chaque plan un itinéraire, chaque timecode une heure réelle — la piste de Bidiyah à six heures du matin, l’embouteillage de Sheikh Zayed Road à dix-sept, le lever de soleil sur l’Erg Chebbi à cinq heures cinquante. Rien n’a été arrangé. Tout a été roulé.

§ Notes de production

Nous sommes une équipe de rédaction française installée à Paris, avec deux correspondants — l’un à Mascate, l’autre à Port-Louis. Nous ne vendons pas de voyages. Nous n’acceptons pas de presse-trips. Nous ne sommes invités nulle part, et c’est précisément ce qui nous autorise à écrire ce que nous écrivons : un carnet de route, pas un catalogue.

L’idée du film est née d’une frustration simple. Les guides généralistes nous parlaient de pays comme s’ils étaient interchangeables ; les blogs de destination nous servaient des dunes parfaites avec chameau isolé ; les magazines de luxe confondaient l’hôtel cher et l’hôtel juste. Nous voulions autre chose — une manière d’écrire les routes comme on écrit les films : avec un regard, un rythme, et l’honnêteté d’un carnet tenu à la main.

Pendant vingt-quatre mois, de 2024 à 2026, nous avons loué des voitures, roulé, dormi peu, pris des notes, abîmé trois pneus, perdu une clé à Sur, retrouvé une carte SIM dans un tiroir à Djerba. Nous avons roulé environ 21 000 km. Nous avons tenu soixante-et-onze carnets. Nous en avons tiré cinquante-cinq plans de film. Les adresses que vous lirez ici — quand nous en donnons — sont des adresses où nous avons vraiment déjeuné, vraiment dormi, vraiment attendu qu’un vent de sable passe. Le reste, nous l’avons laissé hors-champ.

§ Les bobines

Voici la liste des neuf bobines du film, dans l’ordre de projection. Vous pouvez les visionner dans l’ordre, par constellation, ou par humeur.

Constellation I — Océan Indien

  • Bobine I · Maurice — Quatre plans, 1 200 km. L’île qui se regarde de trois quarts, jamais de face, depuis la fenêtre d’une voiture qui longe un champ de cannes.
  • Bobine II · La Réunion — Trois plans, 720 km. Le volcan, les cirques, la route du Maïdo à l’aube — conduite verticale et pluie oblique.
  • Bobine III · Seychelles — Trois plans, 180 km sur Mahé. Un archipel où l’on oublie que l’on conduit, jusqu’à ce qu’une tortue traverse.

Constellation II — Grand Arc désertique

  • Bobine IV · Maroc — Six plans, 4 800 km. De l’Atlas aux kasbahs, des souks de Fès au silence de l’Erg Chebbi. La plus longue bobine du film.
  • Bobine V · Tunisie — Quatre plans, 1 500 km. Cap Bon, Sidi Bou Saïd, la route du sel vers Douz, Djerba hors-saison.
  • Bobine VI · Égypte — Quatre plans, 2 000 km. Le Caire en voiture n’est pas une idée raisonnable ; la vallée du Nil, si. Et le Sinaï est un pays à part.
  • Bobine VII · Jordanie — Cinq plans, 1 450 km. La Route du Roi, Petra au-delà du Trésor, Wadi Rum sous les étoiles. L’un de nos meilleurs souvenirs d’écriture.
  • Bobine VIII · Émirats — Quatre plans, 980 km. De Dubaï à Liwa, de Hatta aux dunes rouges de Rub al Khali. Le contraste qui tient le film.
  • Bobine IX · Oman — Six plans, 4 200 km. Mascate, Salalah, Wahiba, Jebel Akhdar. La plus longue route, la plus lente, et celle où le film s’achève.

§ Plans sélectionnés

Trois extraits, pour qui hésite à tout visionner d’une traite.

Wahiba Sands — Nuit dans le désert. 180 km depuis Mascate, une piste qui se perd quelque part après Bidiyah, un bivouac où nous n’étions que nous. Nous avons dormi cinq heures et regardé le ciel pendant dix — c’est tout ce qu’il faut dire avant d’y aller.

Merzouga — Erg Chebbi. Depuis Erfoud, la piste file droit vers les dunes. Nous conseillons d’arriver en fin d’après-midi, de monter au sommet à pied, et de redescendre quand la lumière a basculé. C’est un plan court dans le film — vingt minutes à peine — mais c’est celui qu’on regarde deux fois.

Petra au-delà du Trésor. La plupart des visiteurs s’arrêtent au Trésor, photographient, repartent à midi. Nous avons passé trois jours à Petra, dont deux par le sentier du Haut-Lieu et l’arrière du Monastère. On ne voit pas la même ville. On n’entend pas le même silence.

§ Le projecteur s’allume

Le film commence. Vous pouvez suivre la pellicule dans l’ordre — c’est ainsi que nous l’avons montée — ou naviguer entre les bobines au gré des envies. Si vous hésitez, commencez par la constellation qui vous ressemble : une île francophone par temps calme, ou le grand arc désertique qui file d’Ouest en Est. Les carnets transverses — conduire dans le désert, louer haut de gamme, assurance et franchise, meilleure saison pays par pays — sont à lire entre les bobines, quand le projecteur fait une pause.

Le voyage commence au volant. Le nôtre, et bientôt, le vôtre.

Pare-brise sur un horizon désertique au soleil bas, carte dépliée sur le tableau de bord

Séquence principale

LISTE DES
BOBINES

IX scènes · 55 plans · ~21 000 km
Intertitre

PLANS
SÉLECTIONNÉS

Trois extraits — choisis par la direction de la photographie